Toi Electeur, Toi qui est si Prévisible !

Allez, faisons bref ! Il est facile de prévoir le résultat des élections, mieux que les sondages ! vrai ou faux !

Explication :

Actualité française, la gauche au pouvoir sanctionnée par les électeurs, qui virent à droite toute!

François Hollande, le Président de la République, dit comprendre les Français et nomme Manuel Valls, l’homme le plus à droite de la gauche, Premier Ministre !

En démocratie éprouvée, il faut donc entendre le message du peuple (Confère le message à la nation de Hollande, hier) et accessoirement (ou non) changer de Premier Ministre (même si la presse l’accuse de ne pas changer forcément de cap).

Ce qui veut dire en clair qu’en démocratie éprouvée à l’européenne, c’est le peuple qui décide, qui fait le baromètre, qui impose au Chef de l’Etat, la ligne directrice, l’épaule contre laquelle mettre le fusil.

C’est une bonne chose !

Sauf que parfois, je me demande si ces peuples occidentaux, nantis, et grands lecteurs de programmes de gouvernement et analystes chevronnés du débat politique de qualité, ne réagissent pas finalement qu’au gré du résultat économique du gouvernant. Pour avoir fait partie des humains les plus civilisés, ils font dans le facile quand il s’agit de choisir ceux qui les gouvernent ?

Regardons un peu l’histoire américaine : Depuis plus de 30 présidences, les élections présidentielles n’ont fait qu’alterner Républicains et Démocrates au pouvoir. Un coup c’est les démocrates qui gagnent, et à la fin du mandat présidentiel parfois renouvelé, on va embrasser les républicains sur la bouche, qui eux aussi repartent pour un ou deux mandats. On n’a jamais vu, un républicain finir un mandat et se faire remplacer par un autre républicain; pareil chez les démocrates. Le peuple américain, se comportant comme un enfant éternellement insatisfait, voire même un peu bipolaire, condamne le parti qui a fini son mandat à la tête du pays pour insuffisance de résultats et lui en fait payer le prix en votant pour le camp adverse. Exemple : il est prévisible que le prochain président américain soit Républicain! vous voulez parier?

Ce comportement binaire où le peuple voit tout en noir et blanc n’est peut-être qu’humain après tout. Que l’humain change, qu’il ne soit jamais content de ce qu’il a et qu’il recherche toujours mieux que le bien qu’il a déjà est ce qui le fait voter pour tout et ensuite pour son contraire. C’est peut-être aussi ce qui le retarde le plus ? Allez, je laisse ce lot aux penseurs, intellectuels et autres débatteurs !

Dois-je seulement rappeler qu’en occident, on a toujours trouvé que les peuples pas très développés sont enclins à voter plutôt pour les candidats de nos ethnies. En général, cette partie du monde n’a pas beaucoup d’avis sur les programmes politiques, les politiques eux-mêmes n’en ayant pas ! Moyen-orient par exemple : paysage de courants ethnico-religieux chiites et sunnites. A chaque fois, c’est l’ethnie majoritaire qui gagne. Si les chiites sont plus nombreux sur le territoire, ils gagnent en permanence, sinon bah ce sont les sunnites parce que tous les sunnites votent sunnites !

Enfin, dans d’autres parties du monde, ce n’est jamais ceux pour qui on vote qui gagnent, mais bon, c’est encore une autre paire de manches.

En fait, à bien y penser, les élections, si on sait qui gagne à l’avance, pourquoi va t-on voter?

RENCONTRES BEER 2 BEER – BACKUP/RESTORE de la saint-valentin

(attention, vous n’en rirez pas tellement, si vous n’avez pas intégré la notion Sauvegarde/restauration en informatique)

Hans Justinov avait entamé sa deuxième Castel. Les tranches de saucisse badigeonnées de moutarde et saupoudrées de piment rouge saint-valentin disparaissaient, gobées l’une après l’autre par mon collègue et moi.

Une serveuse, complètement débordée, ayant perdu l’ordre dans lequel les commandes des différents clients lui arrivaient à l’oreille s’approcha du four à micro-ondes où de la viande décrivait des mouvements de rotation et de révolution dans leur plat. 33 cl de Guinness me donnent envie de la taquiner :

– Alors, à quelle heure commences-tu la fête toi? tonton t’attend à la maison?

– Non, fait-elle de façon évasive… non, moi je ne fête pas… Disons que je fête ici comme ça, parmi vous – me fit elle en levant les épaules pour marqué son désintérêt.

Justin est à 0,7 litres de Castel, l’inspiration venait d’heurter son front, il envoie sa frappe monumentale à la pauvre serveuse :

– aaaaaaaaah, Vence ! Faut laisser celle là. En fait, actuellement, elle sauvegarde la fête en elle. La nuit, son tonton va monter sur elle pour restaurer toute la fête…

Eclats de rire pour Justin et moi… elle nous lorgne, fait la moue et submergée par notre nombre de deux, elle s’éloigne.

Folly Amouzou Mange son anniversaire aujourd’hui

Si vous le saviez déjà, tant pis, mais si vous ne le saviez pas, bah, sachez-le, notre ami  Folly Amouzou fête en ce jour du 03 février, son anniversaire. On aurait pu le surnommer le sexygeek suite aux remarques faites sur son habillement trop juste-au-corps durant son stage ici à la B…  (quelqu’un avait surnommé son look, “le moov”! mais on n’a pas vraiment compris pourquoi) – Conflit de génération, problème de mise à jour, ou même de service pack, comment savoir?

Folly Amouzou, le sexygeek du moment n’a donc pas vieilli d’un jour… il s’est mis à jour.

Il a juré que la première chose qu’il a dépucelé dans sa vie est un CD vierge, mais ce dernier n’a pas mis longtemps à se faire attraper entrain de retirer son périphérique usb du port de sa go (la vie est trop courte). Nous expliquant qu’il ne l’avait pas dragué, mais qu’il avait hacké le système informatique du cerveau de la fille, il a fait des captures d’écran de son visage sous le coup de l’émotion… non que dis-je, de l’émoticône (n’est ce pas Sy Ahmed Sanogo). Elle était la carte mère de son unité centrale, le port sata de ses disques dur, la RAM de ses banc-mémoires…

Aujourd’hui, ayant compris qu”elle était très chère, … que dis-je, qu’elle était très “share” à ses yeux, il lui a promis de se marier à elle en acceptant les conditions et les termes de son utilisation.

un peu de #degroodt pour mon ami Folly #retourverslefutur #lesupplément

DRUNKEN MASTER 1.32

Gueule de bois, et joie de vivre – on vomit pas un peu? #ahuiyamahouo

Promo Guinness hier à djidjolé, A un moment donné, Hans Justinov et moi avons eu un problème avec l’alcool: Les bouchons résistaient… ou la serveuse était hésitante (je sais plus). C’est alors que nous avons découvert l’homme qui décapsule les bouteilles avec une autre bouteille C’était de la magie!!!

Cher journal, même si je n’ai pas envie de t’écrire, j’ai envie de me confier à toi. j’ai ingurgité 66 cl + 33 cl + 33 cl de boudè (nouvelle appelation de la guinness depuis l’augmentation du prix du carburant)

A 1 litre 32, la guinness, la serveuse devenait de plus en plus jolie. Mais je suis rentré seul, bourré, comme un cadavre en sursis, j’ai discuté avec des amis sur facebook dans une langue étrangère que moi même je ne comprenais pas, demandez à Irène Gracia Sok lol… et j’ai dormi…

Mais je sais que tant que j’ai le foie, je pourrai continuer par convertir d’autres à l’alcoolisme…

Au nom du verre, du vice et du saint-whisky. Amène la bouteille!

Chèvre journal !

Ce matin, tout ce que je bois passe par perte et profit!!! je rugis en dégueulant tout le thé au citron avalé plus tôt. Je décharge mon fardeau oral dans la cuvette du WC. et J’épanche dans l’amphore, un courant d’onde de lessive pur pour disperser de la bonne odeur et tromper la vigilance l’autorité parentale. (eh oui, si vieux, et vivant encore chez ses parents, … #call #me #irresponsible – Michael Bublé —-

Mais après la tempête dans mon estomac, je fais un retour aux sources kotokoli (de chez Aph Tahl)

Ayimolou chez Raffa – et Liha chez la maman de Reine (do you remember her Yohanes Miracle)

Senyo Semedo Bonjour là bas!!!

Je suis Ethnocentrique ! Et alors !!!

Je suis ethnocentriste !!!… Et alors ?

Afin qu’il n’y ait méprise sur l’objectif poursuivi à travers le titrage de cet article, il convient de situer le cadre et les motivations qui poussèrent le modeste auteur que je suis, à cet exercice solitaire de l’encre et du papier.

La Côte d’Ivoire des années 2000, quoique terre de l’espérance et de l’hospitalité ainsi que le proclame son hymne national est en pleine crise nationaliste. Un besoin d’ivoirité encense les esprits, exacerbe les rancoeurs, verse l’huile du fanatisme sur le feu de la hantise de l’étranger. Cette xénophobie prononcée était le moyen rêvé pour Konan BEDIE d’écarter son adversaire politique, Alassane Ouattara, le seul qu’il redoutait, parce que capable de lui ravir « la couronne présidentielle » au cours des prochaines joutes électorales. Le concept d’Ivoirité retouchait, toilettait même le code électoral pour empêcher un ivoirien qui ne serait pas né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens, d’être candidat à la présidentielle. Ouattara serait né de parents Burkinabè, il était « out » avant même de brandir sa nationalité ivoirienne non digne en fin de compte, de l’ivoirité. Ceci étant, il faut se demander s’il y avait eu l’Américanité aux Etats-Unis, ce qu’il serait advenu d’un certain Barack « Hussein » Obama ?

Le patriotisme ivoirien reversé dans de l’extrémisme outrancier avait alors inventé des slogans comme « Je suis xénophobe !!!… Et alors ? » qui inspire le titre de l’article ; ou encore « La Côte d’Ivoire n’est pas le dépotoir des africains de la sous-région ».

Ivoirité d’accord ! sauf que pour le cas d’Alassane Ouattara, une étude d’un historien Ivoirien (la pomme n’étant pas tombée trop loin de l’arbre finalement) nous apprend qu’il aurait pu être tout aussi Burkinabè qu’Ivoirien du fait même d’un problème foncier d’origine colonial entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Comme les ivoiriens, en bons africains, ne lisent pas, je doute fort qu’ils aient été mis au parfum de cette étude sur leur propre pays qui révèle un pan de l’histoire qui n’a pas souvent été abordé dans nos articles de presse lus ça et là. En effet, il s’avère qu’avant même les indépendances des années 60, une grève avait secoué la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Les planteurs à la tête desquels se trouvait un certain Houphouet Boigny s’étaient ligués contre le colon français, refusant de poursuivre les travaux de production ; mettant ce dernier dos au mur. Mais comme l’un des principaux traits de caractère de l’envahisseur blanc de l’époque était de monter les barbares contre les barbares (voir l’art de la guerre de Sung Tzou) il avait reculé la frontière du nord de la Côte d’Ivoire en grignotant sur des terres burkinabè peuplées d’une main d’œuvre abondante à même de travailler dans les plantations ivoiriennes. Parmi cette main d’œuvre, les parents Ouattara dont les enfants scolarisés en territoire burkinabè étaient passés en territoire Ivoirien sans vraiment s’être déplacé, voire même migrer. L’amalgame aurait lesté le cursus scolaire de jeunes ivoiriens du Nord qui s’inscrivaient à l’étranger pour des études supérieures avec leur papier burkinabè alors même qu’ils avaient passé une bonne partie de leur scolarité sur un territoire devenu Ivoirien pendant qu’ils étaient sur les bancs. Qui aurait pu croire qu’une frontière déplacée près de quarante ans plus tôt irait jusqu’à déferler ivoirité et vagues d’animosité sur des frères d’une même région. L’ivoirité comme une bombe dont la mèche a été allumée sur la base de calculs politiques a explosé avec tous ceux qui l’ont créé et ont tenté d’en profiter. Aujourd’hui, ceux qu’on a voulus longtemps écarté sont revenus aux affaires ; à qui aura donc profité le crime ?

Cette longue entrée en matière n’a d’autre objectif que d’évoquer ces malheureux traits de tribalisme, chargés dans notre pedigree d’Africains spécialisés dans le montage en épingle des différences tribales ; celles qui caractérisent nos appartenances à des groupes ethniques divisés, opposés parfois par une histoire coloniale que les colons ont eux-mêmes oubliés, et dont nous faisons bêtement notre choux gras.

C’est un récent article du blogueur togolais Aphtal Cissé qui m’a interpellé et m’a rappelé cette tare congénitale qui noircit notre âme africaine commune et qui consiste à ranger dans des catégories nanties ou mal loties, tel individu ou tel autre. Aussi vrai qu’on ne choisit pas son lieu de naissance, ni ses origines, on ne table finalement dans nos jugements, que sur la malchance-probabilité qu’a eu une personne lambda de naître d’un père du Sud, ou d’une mère du Nord, d’une famille Hutu, ou d’un clan tutsi, d’être Zoulou ou d’être afrikaneers. L’idée qu’a eu Aphtal Cissé de bloguer en featuring avec un homologue Camérounais Ulrich Tadjeu Kenfack, a confirmé de part et d’autre (au Togo comme au Cameroun) le culte par excellence de la division ethnique des peuples d’Afrique noire.

Mon article n’est qu’un patchwork de faits historiques partagés sur le continent noir, racontés d’une manière que j’ose croire assez claire, afin de faire voir, voire faire lire au lecteur, comment nous avons poussé la bassesse et la bêtise de faire de nos origines respectives, des tares communautaires qui poussent tel groupe tribal ou ethnique à en éliminer un autre, asseoir sa domination sur un territoire, s’accaparer les richesses d’un milieu donné, se placer en haut d’une chaîne alimentaire. Ce sera une sorte de contribution en sable et un peu de ciment pour la bâtisse formidable érigée par les deux blogueurs afin de bouter hors de nos esprits, cette fibre ethnique qui porte des ombres sur nos âmes et les noircissent.

Fin Avril 2005 au Togo – Nous étions au lendemain de la proclamation des résultats de la présidentielle. Faure Gnassingbé est donné gagnant, l’opposition conteste, son fief de Bè s’enflamme et dans d’autres quartiers de Lomé, on décrit une liesse populaire entretenue par des habitants originaires du Nord qui danseraient avec des machettes et autres armes blanches à la main pour célébrer leur victoire. Sur une radio de la place, ce commentaire qui me révolte : « les kabyè sont entrain de s’armer pour nous attaquer ». A l’époque, nous échangions des points de vue entre amis habitant le même quartier, et observant chacun à sa manière l’actualité brûlante. Quand j’expliquai au reste du groupe que ce commentaire était purement à des fins de manipulation, rappelant même qu’on a toujours vu le peuple kabyè célébrer les fêtes traditionnelles Evala en dansant avec des armes à la main, prouvant à suffisance qu’il s’agit d’un comportement purement culturel, j’ai été surpris de me faire des ennemis dans les heures qui suivirent nos échanges. Le lendemain, certains ne voulaient plus me parler, d’autres me traitaient de membre du RPT infiltré. Même en ayant brandit le recueil de contes « La sagesse du peuple Kabyè » publié dans les années 80 (par un professeur de Musique Allemand en poste au Togo jusqu’à la fin des années 90) pour appuyer mes dires, j’avais été logé à la même enseigne qu’un suppôt de satan. Si la crise togolaise d’alors avait atteint des sommets un peu plus rwandais, qui de moi ou de mes amis s’en serait sorti mort ou vif.

Rwanda – Burundi justement. Deux pays, un destin commun écrit en lettres de sang vers le milieu des années 90. Les hutus et les tutsis, deux ethnies vivant sur la même terre mais manifestant force animosité entre elles. Là encore, l’histoire nous apprend pourtant qu’avant la colonisation belge, les hutus et les tutsis n’étaient pas des groupes ethniques habitant le même territoire. Il s’agissait d’un même peuple organisé en classes sociales. On était tutsi quand on possédait des terres et du bétail en nombre important ; et on était hutu quand on était d’une classe inférieure, donc moins nantie. C’est l’avènement de l’administration belge au Rwanda et au Burundi qui scella définitivement le sort de cette organisation en travestissant les classes sociales en groupes ethniques. Les belges ont poussé les tutsis à l’éducation par la scolarisation et ont fait des hutus, l’ethnie défavorisée. Ils ont allumé les feux de la rancœur entre les deux groupes. Et comme si ça ne suffisait pas, les colonisateurs renversèrent l’ordre des choses vers la fin de la colonisation, en s’appuyant sur les hutus pour freiner les velléités indépendantistes des tutsis. Même après la décolonisation, la moutarde continua de monter aboutissant aux crimes de sang perpétrés de part et d’autres des classes ethniques Hutus et Tutsis. La haine de l’autre était tellement prononcée chez les rwandais qu’on évitait d’écrire les noms au dos des joueurs de l’équipe nationale de football. De cette manière-là, personne n’irait accuser tel joueur hutu ou tutsi d’avoir manqué un pénalty, ou mal défendu son camp contre les adversaires. On craignait plusieurs années après le génocide, qu’au Rwanda, une simple affaire de football puisse faire déterrer les machettes.

Mais alors, que dirions-nous de la Centrafrique d’aujourd’hui. Parti d’un banal renversement de Chef d’Etat pour en arriver à une fréquence meurtrière de dix personnes tuées par jour. Ici, il ne s’agit même pas d’appartenance ethnique. C’est une affaire de séléka (rebelles musulmans ayant aidé à renverser François BOZIZE) qui se sont mis à piller dans les rues de Bangui, déçus de ne pas avoir été suffisamment récompensés après leur basse besogne. Pour leur faire face, des milices anti-balaka, d’obédiences chrétiennes qui massacrent tout ce qui sent le musulman. On les dit armés par des filières pro-Bozize.

Soudan du Sud contre Soudan du Nord : l’un exploite le pétrole (Sud), l’autre l’achemine vers la mer (Nord). Question : Qui doit gagner plus d’argent ? Le Nord ou le sud ? bah visiblement, ils n’ont pas voulu chercher la réponse. Ils ont préféré se faire la guerre.

Dans tous les cas de figure précités, les penchants tribalistes, ou d’appartenance à tel groupe religieux, ethnique, ou de territoire, ont fait couler le sang au nom des intérêts et de la domination d’un groupe sur l’autre. Alors que sous d’autres cieux, picards, normands, gascons, et autres ethnies cohabitent en paix depuis plusieurs centaines d’années, ici les Hutus se répandent en boucherie anti-tutsis, les sélékas coupent les oreilles des anti-balaka et inversement, les soudanais du Nord paient des milices djandjawid pour raccourcir littéralement les bras et les jambes des soudanais du sud.

Arriverons-nous un jour à dire, Nous les Togolais ? au lieu de dire, nous les kabyè, nous les bassar, nous les guins ou nous les kotocolis. Pourrons-nous rire de nos différences comme quand cet ami bassar me faisait remarquer que je m’habillais comme un kabyè ; et que le kabyè à côté de moi se marra en me racontant son premier nœud de cravate ? Comme ce guin qui m’avoua qu’ils usaient dans leur culture de drôles de techniques pour éviter d’avoir à table un invité-surprise arrivant chez eux à l’heure du déjeuner. Il faisait de l’auto-dérision, m’expliquant qu’il venait du seul peuple au Togo à ne pas avoir le sens du partage. Et cette fille akposso de laquelle nous avions ri un soir dans un bar, lui demandant au vu de l’importante mèche de cheveux naturels sur sa tête et les poils couvrant ses bras, comment étaient velues les parties intimes de son corps ? on dit des lianes akposso qu’elles étaient portées sur l’hirsutisme de manière naturelle et que cela donnait un côté électrisant et excitant à leur beauté.

Nos différences, nos identités sont devenues meurtrières quand nous avons cédé à nos passions, nos envies et nos avidités au prix de vies humaines définitivement sacrifiées. Ces différences meurtrières qui peignent en noir l’image que les autres parties du monde se font de l’homme d’Afrique Noire.

C’est Antoine de Saint-Exupery qui à mon avis, donne la meilleure définition des différences :

« Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis ».

Togo : Ce que France veut, Dieu veut?

C’est le sujet qui suscite des commentaires mêlés de passions, d’invocations de l’histoire commune des deux pays, l’une métropole et ancienne colonisatrice; et l’autre, ancienne colonisée tentant de s’affranchir en démocratie et en état de droit. (Je dis tout ça pour être le plus honnête et le moins partisan possible). Mais alors pourquoi ce titre? Pourquoi la France? Pourquoi doit-elle être le pays qui donne le rythme au nôtre?

Je vous prête cette phrase de Robert Dussey, Ministre Togolais des affaires étrangères interviewé par le quotidien Forum de la Semaine sur les relations France-Togo : “la France reste une puissance dont les potentialités et l’expertise dans plusieurs domaines peuvent contribuer au décollage de notre économie“.

Maintenant, je vais élargir les propos du Ministre en rajoutant quelques détails que je tiens, rassurons-nous, des informations de tous les jours. On recommence : “La France, puissance en crise, dont la note a été une fois de plus diminuée par Standard and Poors, dont le Président est apprécié par seulement 1 Français sur 5, reste une puissance dont les potentialités et l’expertise dans plusieurs domaines peuvent contribuer au décollage de notre économie“.

Du coup, l’argumentaire ministériel en prend un coup hein. eh bien pas vraiment :

Tout ce qui parle français en Afrique noire, va en France pour se légitimer à un moment ou à un autre. Qui dit le contraire? Ouattara a eu sa visite officielle  chez François Hollande; Blaise Compaoré et Yayi Boni n’ont pas dérogé à la règle; Ibrahima Boubacar Keita, le nouveau venu est déjà dans les petits papiers du Hollande, le mal aimé par son peuple…; Mahamadou Issoufou, même Alpha Condé, qui se révèle meilleur quand il était dans l’opposition qu’aujourd’hui au pouvoir (c’est normal me direz vous, en lorgnant un WADE) a eu son quart d’heure de gloire français… pourquoi refuserait-on la french kiss à Faure Gnassingbé.

Aller en France, pour un Président Africain est comme un re-virginisation, une volonté de montrer qu’on a fait des efforts dans son pays pour ressembler à la France, le pays des droits de l’homme et de la démocratie, l’aurions-nous oublié? (Rappel de la constitution du peuple français en 1789 : nous peuple françois, réunis etc… que les hommes naissent libres et égaux en droits, cf la déclaration des droits de l’homme et du citoyen).

Aller en France, pour un président Africain est comme un besoin de réaffirmation de son soutien à la ligne directrice de la politique africaine de Hollande : la fin de la françafrique (cela reste à vérifier mais bon…), les droits de l’homme, la lutte contre la torture, etc.

Enfin, aller en France, c’est tout de même l’opération charme et séduction qui garantit l’aide française au développement (là on rejoint le Ministre). “Donnez nous plus d’argent, puisque nous vous prouvons à suffisance, que nous sommes entrain de devenir de plus en plus humain avec nos pires ennemis”!

Car aujourd’hui, que veulent ces pays occidentaux qui nous distribuent les aides financières proportionnellement aux notes d’écoles reçues en élections démocratiques ou non, en droits humains ou non? Bah Uncle Sam et ses cousins du pays des fromages exigent justement les bonnes notes : Avez-vous eu des élections législatives transparentes? – oui! Avez vous diminué la torture dans vos pays (de toute façon, on sait que vous les noirs êtes violents par nature, vous ne vous arrêterez pas du jour au lendemain, mais avez-vous faits des efforts) – oui, je vous assure que des efforts sont entrain d’être faits en ce sens. Okay, allez, monsieur le président, merci d’être passé à l’Elylsée, on vous octroiera un peu d’argent pour financer vos projets de développements (et vos vies dispendieuses aussi de temps en temps hein… qui n’aime pas le luxe hein…) et la petite tape dans le dos avant le communiqué de presse qui était prêt avant même la visite présidentielle est publié!

(Celui qui a oublié l’image de Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio recevant ensemble Hilary Clinton a les souvenirs un peu trop courts… il va falloir les rallonger). L’image!!! l’image est importante aux yeux de l’interlocuteur qui finance : aaaah, regardez les… deux frères-ennemis jurés, fils d’anciens présidents dont l’un est censé être mort de la main de l’autre, aujourd’hui ensemble pour me recevoir? oh le Président actuel de ce pays a fait beaucoup d’efforts, on va en faire l’un de nos alliés sûrs en Afrique. Et derrière une CIA qui fait :”we’ll keep eyes on this guy, the son of the general”… (non vous n’avez jamais lu Gérard de Villiers?)

C’est en résumé le fonctionnement des relations entre France et pays africains. Le reste est habillé de volontés fermes à condamner la crise en Syrie, et à soutenir les sommets de négociation de paix; tout ça parce qu’on a eu une place du petit poucet au conseil de sécurité.

Mais il ne faut jamais oublier que le véritable enjeu tournant autour de deux axes :

  • l’aide au développement de nos pays aux balances éternellement déficitaires, condamnés à importer toujours plus que nous en exportons.
  • Un besoin d’assurance et de soutien de la France au Togo et à son régime actuel pour que la France polisse l’image du pays à l’international, encourage d’autres pays amis de la France à devenir amis par intérêts du Togo (en politique il n’y a pas d’amis… c’est de De Gaulle non?) et sait-on jamais, à gagner un gage de sécurité et de protection, si jamais la défense togolaise était attaquée.

La première leçon de l’après-colonialisme c’est : Celui qui a contre lui, la France, a contre lui, les autres, c’est à dire tous les bailleurs de fond potentiels. La raison est simple : on reconnaît une certaine paternité française au Togo en tant que république née de la fin de la colonisation. Qui mieux que la France saurait aiguiller et conseiller les autres pays qui souhaiteraient croire en le Togo et y investir. La preuve, c’est sa langue que nous parlons au moins administrativement. Et cela dit tout, tout sur notre manière de fonctionner…

Jacques Foccart a expliqué dans un entretien ayant aboutit à un livre avec le journaliste Philippe Gaillard, que le Président Français de son époque, De Gaulle, recevait les chefs d’état africains dans son bureau et leur prodiguait des conseils d’une manière assez paternaliste : Fais comme ceci, ne fais pas comme cela, et nous continuerons de t’aider toi et ton pays…  Aujourd’hui, on peut être à peu près sûrs que les traditions qui ont la vie dure, perdurent; L’ex Colonisateur représenté par François Hollande continue d’épauler l’ex-colonie et son actuel dirigeant, de lui montrer le long chemin de la liberté (à la manière du madiba, me diriez vous), une fois qu’il semble présenter une image de “la volonté de faire des efforts dans le sens de la démocratie et de l’état de droit, des réformes institutionnelles” etc….

C’est pour cela que je suis en partie d’accord avec le brillant analyste qu’est Kodjo Avuletey. Lisez son blog à l’occasion. L’article trouve que les détracteurs de cette visite du Togolais en France, d’une part et les soutiens de l’autre, doivent être renvoyés dos à dos. Soit! mais que l’auteur ne s’offusque pas du fait que nos pays africains ne soient pas suffisamment indépendants.

L’indépendance est devenue depuis bien trop longtemps une affaire de date historique où une certaine légitimité surveillée du coin de l’oeil français a été accordée à un peuple africain mal préparé pour disposer de lui-même. La France le savait, les leaders africains le savaient, mais tout le monde nous a laissé nous jeter ce sort et nous marier à la dette et la pauvreté. Nos pays indépendants d’il y a cinquante ans avec des peuples qui mangent de la vache enragée? oui parce qu’ils partaient de rien, aucun soubassement financier, aucun poids en or à la banque mondiale, aucune notion d’échanges entre pays, rien que la volonté de s’affranchir du colonisateur français dans les jupes duquel nous avons accouru aux premiers coups d’état.

Nos pays seront indépendants le jour où seuls, nous n’aurions plus à tendre la main vers l’ex colonie pour construire des forages et des bibliothèques dans nos villages. Mais en attendant, la France (mal en point ou pas) est à la place de Dieu au Togo… Elle finance, elle décide donc de plein droit et accompagne qui elle veut…

Si quelqu’un veut être accompagné, n’a t-il pas intérêt à jouer du charme et de la séduction ?

Ghislaine Dupont, Claude Verlon : Abattre une tâche ou mourir en l’accomplissant sur le champ de la liberté d’informer

La volonté d’informer, de donner l’information juste et vraie n’aura eu aucune limite pour les deux journalistes de RFI, morts Samedi dernier à Kidal, dans le nord du Mali. Des témoignages que l’on peut lire sur le site web de leur station, on apprend qu’il sont enclins à partir pour les terrains les plus dangereux, aller aux confins des foyers de tension pour ramener les faits justes et réels dont les auditeurs se délecteront gratuitement.

C’est un fait! un groupe islamiste aura été l’origine des méfaits. Mais il ne faut pas se tromper sur l’objectif de ces enturbannés du nord Mali brandissant Allah et le Coran pour sanctifier la formidable coulée de sang dont ils maculent les dunes du sahel.

On le sait, le MNLA et les proches cousins d’Ansar Eddine ajoutés aux groupes les moins médiatisés descendent tout droit de la poudrière allumée par la France en Lybie. Ces touaregs se sont retrouvés au chômage technique le jour où Khadafi a perdu au même moment, sa couronne et sa vie. Ils ont quitté le mercenariat avec armes et bagages pour s’installer au nord du Mali, s’illustrant dans la contrebande et le trafic de stupéfiants. Les plus illuminés d’entre eux ont trouvé un meilleur moyen de s’enrichir en devenant le bras armé par procuration d’Al-Qaida en Afrique. En clair, se créer un territoire administré à la manière talibane et se faire arroser des pétrodollars provenant d’organisation caritatives islamiques.

L’Azawad est donc l’une des plus grandes escroqueries des arabes blancs par les arabes noirs. Rien de plus! Sinon, comment expliquer que ces islamistes qui avaient interdit cigarettes, adultères et autres vices, aient été plusieurs fois surpris en pleine partouze avec des jeunes femmes dans la fleur de l’âge?

Deux journalistes sont donc morts par la faute de grands bandits réunis au sein de bandes incontrôlées qui sèment la terreur parmi les populations et s’enrichissent sur le dos d’une religion qu’ils peinent à respecter. Comme l’aurais probablement écrit un Gérard De Villiers, on aurait cru que Dieu leur aurait écrit un commandement à part : “Tu tueras ton prochain”.

Sinon, à quoi aurait servi d’assassiner deux journalistes froidement? Leurs en-ont-ils voulu pour une raison ou pour une autre? en faisaient-ils au prime abord des otages dans l’idée de ponctionner à une France en crise une vingtaine de millions d’euros de plus? Une opération de rescousse a t-elle mal tourné? Les touaregs-tueurs veulent-ils faire du nord du Mali, la marmite du diable? créant une zone d’insécurité totale sur des centaines de kilomètres-carrés? Les investigations si elles aboutissent à des résultats concluants, pourront nous le dire un jour.

Mais aujourd’hui, ce dont nous pouvons être sûrs, c’est que Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont morts en faisant trop bien leur travail.

Johanne Sutton en Afghanistan,

jean Hélène en Côte d’Ivoire

Ghislaine Dupont et Claude Verlon au Mali,

Ils avaient tous cette chose en commun :

“Abattre une tâche ou mourir en l’accomplissant sur le champ de la liberté d’informer”.