EBOLA Edition 2014 – Brèves racontées par les passagers en TAXI

 

Il a plu sur une parti de Lomé hier soir. Mon chauffeur deux roues ne voulant pas braver le temps de chien me faussa compagnie, moi son fidèle maître !

Tiens! bah, arpentons un peu le macadam du commissariat central jusqu’à l’ancien siège de la LONATO, et prenons un taxi (dis-je à mon corps défendant et à mon âme offensant).

ça faisait longtemps que je ne prenais plus de taxi. Le zémidjan vous rend individualiste, non-sociable; le taxi vous rend un peu de chaleur humaine dissipée par 3 autres passagers dont on était souvent ravi de faire la connaissance d’un soir.

Je pris place à bord d’un taxi où un chauffeur hagard et trop relax conduisait tel un rasta, les yeux mi-clos. Sur la banquette arrière, 3 femmes y avaient posé leurs joints de cul – lasses.

C’est le chauffeur qui lança le sujet Ebola-Gate, racontant fièrement qu’une vieille dame qu’il avait déposé ce matin même à la clinique BIASA l’avait fait tellement rire qu’il ne s’en est toujours pas remis. Elle aurait insulté un médecin, l’affublant de qualificatifs peu vertueux pour lui-même, sa mère, sa grand-mère etc. Cause du déluge d’insultes, elle aurait emmené son petit fils qui avait fréquemment des hémorragies nasales (c’est un truc très habituel chez certaines personnes raconte d’ailleurs une passagère) voir un docteur. Mais le médecin au vu de l’enfant aurait pris la fuite, et défendu même au gardien de la clinique BIASA de toucher à la grand-mère et à l’enfant.

Une passagère partit dans le grand classique du voleur qui défend à ses poursuivants de le tabasser, voire même le toucher parce qu’on lui a diagnostiqué de l’Ebola. (Rire général une fois de plus).

Et le clou du spectacle, offert par une sage-femme à la retraite, mais exerçant en tant que consultante pour le compte du CHU de Lomé. Elle raconte qu’hier matin des infirmiers auraient littéralement détalé durant une opération de transfusion sanguine sur un patient. Le sang aurait à un moment donné reflué de la veine du patient pour retourner dans le récipient-conteneur. “Ebola” ! aurait crié l’un d’eux, provoquant la panique générale… puis un rire nerveux qui devint relaxant, une fois leur assurance retrouvée.

Mais ce qui força mon admiration pour le chauffeur rasta dans l’âme, c’est l’analyse profonde qu’il fit en guise de conclusion. Il faut prier pour le Nigéria, nous confie t-il. Ce pays est un poumon économique, si la maladie le fait sombrer et qu’on ferme ses frontières, toutes les marchandises que nous importons de ce pays ne viendront plus, il y aura de la spéculation et nous en pâtirons tous autant que nous sommes, EBOLA ou NON !

J’étais arrivé à destination

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