Si tu ne vas pas aux Evalas, les Evalas viendront à toi

Comme vous le savez… (et si vous ne le savez pas, bah je vous le dis), la Team228-BlogueursTogolais blogue en direct depuis la région de la kara où des adonis à la peau noire ébène, enduite de graisse de chien, animal dont ils ont précédemment ingurgité la viande _ et c’est absolument culturel_culturellement autorisé_s’affrontent en luttes traditionnelles par villages interposés.

 

Ce sont des rites initiatiques en pays kabyè durant lequel on éval-ue la capacité d’un évalou (jeune lutteur) à combattre avec ses semblables, d’autres jeunes venant des villages du même canton, en essayant d’en terrasser le pus grand nombre. Il s’agit d’un passage obligé pour devenir un “homme”. il faut croire que la paire de bourses et le phallus situé en ligne médiane entre les deux ne suffisent pas visiblement; Tant que le jeune kabyè en âge de combattre n’a pas brandit son adversaire en l’air pour ensuite le jeter à terre sous les yeux ahuris et les cris d’un public survolté, son appartenance à la gente masculine est sérieusement remis en question.

Je ne sais pas s’il faut mettre cela sur le compte du hasard qui rend parfois la langue française si poétique. En territoire Kabyè, on pratique la culture en terrasse; sauf au mois de juillet; mois que l’on passe à se terrasser cordialement d’un village à l’autre.

 

Vous pourrez suivre les tweets de Aphtal Cisse #team228 #blogueurs228 #Gnadoè (twitter: @aphtalc) et ses vidéos des hommes qui s’empoignent les uns les autres au niveau de la taille, sans aucune tendance gay, même si le mariage pour tous est si tendance par les temps qui courent.

Twitter Aph Tahl

Voici pour ma part, comment je vis les luttes Evala à Lomé, loin des tumultes de combattants mangeant l’herbe et mordant la poussière. (L’uruguayen SUAREZ s’y serait senti comme chez lui, si évidemment il avait encore du mordant).

 

Hier, à la mi-journée, au restaurant d’entreprise, des collègues et moi devisions sur cette foire au pugilat se déroulant actuellement dans le nord du pays. Un de nos aînés, d’origine kabyè arrive à notre table, poussant la chansonnette et dansant presque, plateau-repas en main, sur ce que nous soupçonnions d’être une chansonnette populaire des luttes Evala. Devant nos regards interrogateurs, il eut la sympathie de nous gratifier d’une traduction sommaire : “ta femme pleure, tes enfants pleurent, tu as été terrassé”.

 

D’une précision chirurgicale, l’homme qui venait de s’asseoir en chantonnant, dépouilla la chair qui habillait les vertèbres du poisson habilement couché dans son plat par Komla, notre cuisinier en chef. Il promenait son regard tout aussi sérieux que rieur dans les nôtres en nous admonestant de propos moqueurs :

 

“Vous les jeunes d’aujourd’hui, vous ne faites plus le vrai Evala. Vous mangez la viande du chien gratuitement et allez faire évala dans le lit la nuit avec les filles ! certains mêmes cherchent l’odeur du chien sur les filles en approchant leur bouche, leur visage de celui des filles. Quel évala ! Chuannnnnnnn !”

 

En digne évalou, l’homme venait de nous terrasser de rire; et pendant que nous nous éloignions de la table qu”il venait de s’approprier comme un territoire conquis, nous étions heureux d’avoir perdu un combat qui n’était pas le nôtre.

 

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