Meeting Beer 2 Beer – Rencontre avec Jane Black

Je n’arrive plus à rien écrire. Je trime trop au boulot, les tâches qui s’amoncellent, qui deviennent des tas d’immondices qui polluent ma table de travail ou mes mails outlook : Wence, fais ci, Wence fais ça, Wence tu n’a qu’à… Wence, il faut qu’on… Wence, tu devras… en fait mes chefs ont un langage très limité. c’est le fais-ci, fais ça, tunaka, yfokon, tudevra. En fait j’aurais pu demander qu’on mette un robot à leur place, une fois bien programmé ça marcherait tout seul… aaaaaaaaaaah digression, wence ! tu digresses, recentres le sujet. Fais un centre ! buuuuuuuuuuuuuutttt!!!!

Bref, je déconne, donc je disais que je ne produis plus rien de bon… j’ai prévu d’écrire un article un peu sociologique sur le selfie, phénomène de mode sur les réseaux sociaux, et j’y suis pas arrivé… pas l’temps.

Ensuite j’ai prévu d’écrire sur l’argent, les dépenses, la consommation et nos habitudes, mais là encorrrrrrrrrrrre, pas le temps.

Mais quand il s’agit de bloguer une rencontre Beer 2 Beer, là c’est facile. Je bois un peu, juste ce qu’il faut, et voilà, le bougre lancé sur son clavier à vive allure, pianotage à volonté, un article en Sol majeur? en Sol facile à dorer? ou SOL FA SI LA DO RE…

D’abord, cet article est pour ce membre de la famille dont je ne connais pas le lien de parenté qui nous lie (est-ce un fou à lier, fou allié?), Mister Lovejoyce Amavi, le communicateur-tueur du moment à Lomé. Le mec capable de vous vendre le pot de yaourt sans le yaourt au double prix du yaourt (enfin, c’est ce que font les communicateurs, pire que les avocats mais bon). Lovejoyce (eh this girl, you dey love joyce oooo) a toujours été fasciné par les rencontres Beer 2 Beer, alors , special dedication for you men ! yarama mercy ! (façon rasta quoi, yeah man!)

D’abord, rencontre beer 2 Beer vient de bière, hein, évidemment… 2 (two) parce qu’on est deux à l’origine, on s’appelle et on boit une bière chacun, donc 2 beer ou plus quand Justin est heureux d’avoir pu finir une application en visual basic ou en java ou en tout autre langage machine machin chouette, etc.

Donc généralement, mon téléphone sonne ; et c’est presqu’un ordre qui est aboyé dans mon oreille : “Viens à Shell dans cinq minutes“. Dans ses meilleurs jours, quand sa voix ressemble à celle de louis armstrong en fin de concert, c’est plutôt : “Man ! mon bar est ouvert jusqu’à 23h“. Faites pas attention, c’est pas son bar.

Pour faire une rencontre BEER 2 BEER, il faut avoir au moins deux personnes, dont l’une doit être forcément un Hans Justinov ou quelqu’un d’approchant, (quoiqu’on ne remplace jamais l’original par la copie mais bon…).

Il faut ensuite laisser ce Hans Justinov là, choisir le lieu de la rencontre! c’est sa fonction primaire, la base qu’il ne faut pas fausser au départ. Sur le GPS de votre smartphone, ça sera Shell Klikamé, peut-être Total-Totsi, ou depuis ce samedi 12 Avril, la station Total d’Agoe Assiyéyé.

Viens alors ce moment il faut boire;  de la chairman de préférence, à 10,5% le taux d’alcool avec une marge d’erreur de 5% (les ghanéens disent que le taux d’alcool du chairman fluctue). Le résultat obtenu est de parler comme des australopithèques, avoir des yeux qui brillent et avoir des discussions de haut niveau du genre :

– des fois je suis célibataire par moment
– ah bon? célibataire?
– oui, célibataire!!! euuuuh ou seul bataire, ahahahaha, seul batard, ahahahaha, sale batard, ahahahaha, sepp blatter, ahahaha, oh pardon Monsieur la FIFA” !

C’est donc un appel téléphonique qui me tira de ma torpeur du 13h du samedi, pour me parachuter par zémidjan interposé à Shell Klikamé. Le Justinov était là trônant à l’entame de la Chairman. Je joue la modestie; me remettant au bon soin de la serveuse qui m’a transpercé de son regard félin et de ses deux obuts mamaires (mamamia !). J’ai failli lever les mains en l’air, tellement je me suis senti braqué. Devrais-je dépister un hypothétique cancer de sein à la main (on se concentre Wence ! …).

Donc la modestie aidant, je me suis mis à la Guinness, 1759, du pur Irlandais, 7,5% d’alcool une bière noire émoussée dans une bouteille de 33 cl avec des hanches en amphore. (La serveuse serait-elle compatible avec la bouteille).

Justinov, but, re-but, rugit, finit la bouteille et paya son du et le mien puis sortit dans la chaleur humide.

13h40, Justinov digère la bière de gingembre ; son cerveau tourne à la bière-vapeur. Une inspiration culinaire l’illumina. Aller à Agoe Assiyéyé, prendre des petites ignames, les faire cuire dans de la cendre, et les manger. J’étais là en découvreur aventurier, avide de devenir l’Indiana Jones des petites ignames cuites à la cendre.

14h environ, le désespoir nous envahit, les petites ignames ne sont pas au marché parce que ce n’est pas le jour du marché. Et comme un homme désespéré noie son désespoir dans l’alcool, le bar le plus proche Total Agoe Assiyéyé fut l’hospice de notre salut. Retour de la guinness dans mes mains, pils pour Justinov.

15h, Justinov, boit, je bois, Sapol arrivé à un moment donné, boit, un ami qui l’accompagne boit, une dame reconnaît Justinov, son mari est une relation familiale de Justinov, ils (mari et femme) s’asseyent et se mettent à boire à leur tour. Et c’est là que la rencontre BEER 2 BEER, de bar en bar, faisant de nous des barbares, va prendre un tournant inespéré. ça y est? toute la conjugaison du verbe boire est passée? (Boileau de la Fontaine ou Bois l’eau de la Fontaine)

16h, la femme qui est assise à notre table boit à la même allure que Justinov. Elle nous avoue qu’elle est moba, que boire fait partie de l’éducation dans sa culture, dès le bas âge. C’était inattendu. Spectaculaire, Outstanding ! Standing Ovation ! Je décide de la surnommer Jane Black (qui a vu le film Rencontre avec Joe Black?)

Elle boit, Justinov boit, moi j’ai arrêté de boire, Sapol ne boit plus, il est parti avec son ami. Le mari de la moba s’est excusé pour des raisons professionnelles et nous a abandonné aux mains de sa femme. Nous sommes donc trois autour de la table. Les liens de buveur se resserrent!  Justinov, la dame moba et moi. Je suis au Soda (c’est mon petit lait), je bois de l’eau gazeuse, justin boit de l’eau gazeuse, la dame boit de la bière, sa deuxième. Une serveuse s’approche de notre table avec 4 bouteilles de Pils : « Tantie, un Monsieur assis là bas au fond, m’a dit de vous apporter ces bouteilles de Pils » Etonnement, stupéfaction ! Or chez les zouglous, quand tu es stupéfait, cela veut dire, si tu peux, tu fais !

Elle ouvre l’une des 4 bouteilles, et boit, elle nous enjoint de faire comme elle, Justinov, re-boit aussi une Pils, moi je démissionne, il n’y a aucun moba dans mon pedigree, je n’y arriverai pas.

Elle a abattu trois pils, a déployé son 1m 80, a marché avec beaucoup d’assurance, comme si elle avait passé son temps à boire de l’eau, a remercié l’homme qui aurait été une obscure relation d’amitié d’antan qui l’a reconnu au loin (nous a-t-elle confié).

A la fin de cette virée, Je reprends ma définition !

Quand vous voulez faire une rencontre BEER-2-BEER, ayez un Hans Justinov à portée de main. Et priez silencieusement pour croiser une femme moba au bar. Le spectacle de cette danse synchronisée entre la femme et la bouteille est tout simplement saisissant et renversant.

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One thought on “Meeting Beer 2 Beer – Rencontre avec Jane Black

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