“Je veux son mari” de Célestin Lella-Kouassi (extrait)

C’est ma lecture de ce Week end. Un livre moyen, roman de gare rapide à lire, sans grande intrigue… sauf que, bah, l’auteur dépeint notre afrique que nous connaissons déjà si bien, avec ses mots et avec beaucoup d’humour…

Extrait de « Je veux son mari » de Célestin Lella-Kouassi

Une fois démaquillée, le soir, Paulette se retrouvait face à elle-même, face à la réalité, face à ce qui constituait une angoisse pour elle. Elle avait mordu tous les jours à pleine dents dans la vie que Dieu lui a prêtée, comme l’on croque une belle pomme. Goulument ! Le résultat était sans appel sur son corps. Dans une dizaine d’années, à seulement cinquante ans, que deviendra ce corps ? Que deviendra-t-elle ? Dans sa jeunesse, les hommes l’ont aimée, adorée. Elle avait les arguments physiques pour les faire vaciller du premier regard. Elle en profitait. Chaque année, à la date de son anniversaire, la mémoire de son téléphone portable, faisait le plein de message SMS. Dans les appartements que ses amoureux louaient pour elle, les fleurs débordaient des vases et inondaient jusque les planchers. Quand elle exprimait le désir de manger du poulet braisé, c’est des cageots entiers de poulets que certains lui faisaient livrer, afin d’espérer plus de faveur de sa part. Et ces mecs étaient nombreux à vouloir davantage, voire les pires folies pour s’attirer ses bonnes grâces. Il y avait ceux qui n’hésitaient pas à piller les caisses de leur entreprise pour satisfaire ses moindres caprices et espérer en retour « une nuit de tous les bonheurs », car sa réputation de femme chaude comme une bouillotte suscitait, de la part de certains de ces hommes, les plus violents fantasmes. Il y avait aussi ceux qui la suppliaient à longueur d’année d’accepter ne serait-ce qu’une petite invitation à dîner dans un restaurant chic qui avait pignon sur rue, histoire de se pavaner à côté et flatter leur égo, ce qui lui arrachait des rires gouailleurs. Que ne lui proposaient pas ces mecs ? Des séjours dans des clubs de vacances au bord de la mer ou de la lagune au farniente dans un chalet particulier construit sur pilotis, les pieds dans l’eau, tout y passait. Pourvu que la proposition fût si alléchante, même si elle devait faire très mal au porte-monnaie. Il y avait enfin les plus chanceux, ceux qui abandonnaient femmes et enfants pour se mettre en ménage avec elle pendant quelques mois avant de se raviser et de retourner sur leur pas, confus. Car même si elle était physiquement bien dotée par la nature, Paulette était cette race de femme légère, jouisseuse, arrogante, narcissique, voire égocentrique, malgré la condition modeste de sa famille. Mais le pire, c’était qu’une fille flemmarde, qui ne savait même pas faire cuire un œuf ou des pâtes, qui avait toujours besoin d’une servante pour lui laver ses dessous, et écrivait Secrétaire avec « C » (Cécrétaire), policier avec « ss » (polissié) et faute avec « pho » (phote) comme photo. Toutefois, son désir de praître était le plus fort, ses chichis, innombrables, ignorant que la beauté est aussi autre chose que physique. On comprend pourquoi ses amants, les titulaires et les ex – plus fortunés les uns que les autres pouvaient remplir les bennes de camion, au point d’en oublier les noms de certains, sans qu’aucun ne se soit jamais décidé à lui passer la bague au doigt, après qu’ils eussent pris leur pied.

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3 thoughts on ““Je veux son mari” de Célestin Lella-Kouassi (extrait)

      • Merci beaucoup !!!! J’irai déjà regarder à Bon Pasteur, je sais que parfois il est possible aussi de leur commander des ouvrages, bien que le délai de livraison soit très long (6 à 8 semaines).
        Merci !!

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