DRUNKEN MASTER NIGHT 1

j’avais du porc plein le ventre, un grand journal puis un petit, plein les yeux quand mon bon vieil iphone sonne. A l’autre bout du fil, l’homme qui changera ma soirée du jeudi jusque là répartie entre une viande de porc frit maison arrosé de 33 cl de guinness là encore, congelé maison:

– Tu as cinq minutes pour me retrouver à Total Totsi!!! – brailla l’écouteur de mon téléphone

– Okay j’arrive!!!

je me traine lourdement jusqu’à la route pavée de djidjolé où un zémidjan gringalet m’embarque à toute allure jusqu’à la station où l’on s’abreuve en carburant alcoolisé après avoir fait boire sa voiture à la pompe à essence. Tant qu’il y a à boire, il y a de l’espoir, dit-on parfois.

Je retrouve Justin, avachi dans sa chaise plastique, les sandales éparses dans le sable blanc de l’arrière-cour de total en travaux. Sur son visage respirait la bonhomie, un sentiment de stress évacué, et une bouteille de vin mousseux abattu en compagnie de Sapol. Que l’on vide ce verre et que le suivant ne tarde guère…

Sapol  avait laissé ses mains baladeuses effleurer les reins en amphore de la serveuse qui ouvrait la deuxième bouteille de vin. Je lui expliquai en ce moment là que s’il laissait la fille lui verser une rasade de ce vin, ce dernier aurait meilleur goût. il me regarda d’un oeil torve et vitreux, et approuva mon explication. Il reconnut en moi un de ses oncles lointains, brillant mathématicien de son état. Quand je pense que j’ai eu 04/20 en mathématiques au baccalauréat et que j’ai fini Ingénieur en Réseaux Télécoms… Je suis un vrai salaud lumineux…

Justin retrouve la parole avec une voix d’australopithèque :

– Vence, je n’ai pas aimé le commentaire que tu as fait sur mon post sur facebook où j’ai écrit : les voies du seigneur sont impénétrables. tu as ajouté : “c’est pour ça que le christ, enfant, ne pouvait pas mettre de suppositoires”. tu as vu que personne n’a plus eu le courage de commenter.

– (j’étais mort de rire). Tes amis craignent le blasphème. Mais laisse-les. Je suis sûr que Dieu lui même a parfois de l’humour. D’ailleurs nous sommes un soir d’Halloween. Les morts ont de l’humour; les humains, c’est plus délicat.

Je participai à concurrence proportionnée du 1/16ème à l’abattage de la deuxième bouteille. Nous décidâmes de quitter ce lieu de crime dans la rue des notables de Totsi. Justin n’avait envie que d’une chose, ayimolou + Salade, un conglomérat de vendeuses installées à adidoadin nous seraient d’une aide précieuse pour atteindre son objectif.

Nous étions arrivés sur les lieux les yeux hagards, le coeur léger, les narines accueillies par l’odeur du yébéssé fionfion (piment noir) dont le dosage était un paramètre déterminant dans le goût de l’ayimolou. Justin exultait, m’expliquant entre deux commandes que c’est le “fion” du yébéssé qui prouvait que le yébéssé était vraiment fionfion. Il nous en fallait peu pour être heureux.

Quand c’est fion, c’est bon.

Convaincus d’avoir mérité pour quelques minutes, des brindilles de palme académique, nous posâmes nos fions sur sa moto pour tendre vers le bercail, tel une courbe tendant vers son asymptote, où une chair caverneuse et spongieuse tendant vers son réceptacle; comme la fameuse «poussée en avant» d’un «membre turgescent» dans la «croupe callipyge» d’une «splendide salope tropicale» (Hommage à Gérard de Villiers).

Que celui qui ne comprend pas les derniers mots, ne cherche pas à comprendre.

Voilà, je suis venu, j’ai bu, j’ai rendu.

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